Stratégie

Le syndrome du cordonnier mal chaussé en agence

66 % des agences dépendent des recommandations pour trouver des clients, et 79 % n'ont personne dédié à leur propre communication (SparkToro). Le paradoxe du cordonnier mal chaussé, et la méthode pour en sortir.

Katia Atroune· Fondatrice, Shine & Growth
9 min de lecture
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Points clés

  • 66 % des agences citent les recommandations clients comme première source de new business, et seulement 6 % l'outbound (SparkToro, 2025)
  • 79 % des agences n'ont personne en interne dédié à leur propre communication : la charge retombe sur les fondateurs (SparkToro, dernière édition)
  • Trouver de nouveaux clients est devenu le défi n°1 pour 46 % des dirigeants d'agences, un record depuis 2012 (BenchPress, 2025)
  • La France compte plus de 10 000 agences de publicité et de communication actives : sans visibilité propre, impossible de sortir du lot

C'est la blague que tout le monde fait dans le milieu. « Le cordonnier est toujours le plus mal chaussé. » Cette phrase fait particulièrement mal, parce qu'elle est vraie.

C'est un travers vieux comme le monde : on néglige pour soi le savoir-faire qu'on vend aux autres. Le plombier avec sa fuite sous l'évier, le comptable qui boucle sa déclaration en retard, et l'agence qui rend ses clients visibles, mais reste invisible elle-même. Cet article décortique pourquoi ça arrive, ce que ça coûte vraiment, et comment en sortir.

Mis à jour le 7 juillet 2026

Le paradoxe des agences de communication en France

Le marché est encombré : la France compte plus de 10 000 agences de publicité actives (code NAF 73.11Z, registre officiel des entreprises), et près de 20 000 entreprises sur l'ensemble du secteur publicité selon l'INSEE . Le gâteau, lui, est réel : le marché français de la communication a pesé 35,8 milliards d'euros d'investissements en 2024, en hausse de 5 % (BUMP : France Pub, IREP, Kantar Media). Dans un marché aussi concurrentiel, la visibilité n'est pas un luxe. C'est ce qui sépare l'agence qu'on consulte de l'agence qu'on ne connaît pas.

Pourtant, vous passez vos journées à construire la visibilité de vos clients. Vous créez des stratégies LinkedIn, des identités visuelles, des campagnes qui génèrent des résultats. Mais quand il s'agit de votre propre agence, c'est le silence radio.

Votre dernier post LinkedIn ? Vous préférez ne pas vérifier. Votre site web ? Il date d'il y a trois ans et ne reflète plus qui vous êtes. Votre pipeline de prospects ? Il repose entièrement sur le bouche-à-oreille.

Ce que disent les chiffres : une dépendance qui s'aggrave

Sur ce point, on dispose enfin de données solides. L'enquête SparkToro , menée auprès de centaines de dirigeants d'agences et consultants, est sans appel, et la dernière édition confirme la tendance :

66 %

des agences dépendent des recommandations comme 1ère source de new business

79 %

n'ont personne en interne dédié à leur propre communication (SparkToro)

14 %

seulement jugent leur pipeline commercial « très sain », 32 % l'estiment insuffisant

46 %

des dirigeants placent la conquête de clients en défi n°1, record depuis 2012 (BenchPress)

Autrement dit : les deux tiers du secteur dépendent d'un canal qu'ils ne contrôlent pas, ne mesurent pas et ne peuvent pas accélérer. Et selon la dernière édition de l'enquête SparkToro , 79 % des agences n'ont personne en interne dont c'est le rôle de s'occuper de leur propre communication. La charge retombe sur les fondateurs, exactement les personnes qui ont le moins de temps disponible.

Soyons honnêtes deux minutes : ce n'est pas qu'un problème de canal. Le vrai sujet, c'est qu'aucune de ces recommandations ne se pilote. Un trimestre calme chez vos clients prescripteurs, et le pipeline s'assèche sans préavis : seulement 14 % des agences jugent leur pipeline commercial « très sain », contre 32 % qui le trouvent franchement insuffisant. Pendant ce temps, l'étude britannique BenchPress 2025 (The Wow Company) mesure que gagner de nouveaux clients est devenu le défi n°1 pour 46 % des dirigeants d'agences, contre 27 % deux ans plus tôt, le plus haut niveau enregistré depuis 2012. Le bouche-à-oreille seul ne suffit plus ; tout le secteur est en train de s'en rendre compte en même temps.

Pourquoi les agences ne communiquent pas pour elles-mêmes

Ce n'est pas un problème de compétence : c'est un problème de temps et de priorité. Quand vous avez le choix entre livrer un projet client facturable et rédiger un post LinkedIn pour votre agence, le client passe toujours en premier. C'est rationnel, mais c'est un piège.

Vous allez me dire que vous n'avez pas le temps, ou que ce n'est pas la priorité du trimestre. Normal : 79 % des agences n'ont personne dont c'est le rôle de s'occuper de leur propre communication. Vous portez cette charge en plus du reste, sans mandat ni créneau dédié.

Les 4 raisons principales

Raison 1

Le temps manque, toujours

Entre les briefs, les deadlines et la production, votre propre communication est systématiquement reportée à « quand ça se calmera ». Ça ne se calme jamais.

Raison 2

L'objectivité est difficile

Communiquer pour soi-même est plus difficile que pour un client. Le recul manque, le syndrome de l'imposteur s'installe.

Raison 3

La culpabilité freine

Investir du temps sur sa propre com' quand des clients attendent crée un sentiment de culpabilité difficilement surmontable.

Raison 4

Le perfectionnisme bloque

Ironiquement, les professionnels de la communication ont des standards si élevés pour leur propre contenu qu'ils préfèrent ne rien publier plutôt que de publier quelque chose d'imparfait.

Un aveu

On l'a vécu avant de le vendre. Les deux premières années de Shine & Growth, notre page LinkedIn est restée silencieuse des semaines entières, le temps de caler nos premiers clients. Le vrai sujet, ce n'était pas le temps qui manquait. C'était qu'on ne s'autorisait pas à en prendre pour nous.

Les conséquences concrètes du silence

Conséquence 1

Des leads invisibles

LinkedIn compte 30 millions de membres en France, soit 90 % de la population active (LinkedIn France). Si vous n'y êtes pas actif, vos concurrents récupèrent ces prospects.

Conséquence 2

Un référencement abandonné aux autres

Vos prospects tapent « agence branding » ou « studio design » dans Google et dans ChatGPT. D'après nos relevés DataForSEO de juin 2026, « agence linkedin » affiche une difficulté SEO de 13/100 : un boulevard, pour quelques trimestres encore.

Conséquence 3

Une dépendance structurelle au bouche-à-oreille

Les recommandations sont un canal de qualité, mais 66 % du secteur en dépend comme source principale (SparkToro). Sans pipeline alternatif, un trimestre calme chez vos prescripteurs peut mettre votre trésorerie en danger.

Conséquence 4

Un positionnement qui s'érode

Une agence qu'on ne voit nulle part finit par être perçue comme une agence qui ne tourne pas. Vos talents le remarquent aussi : la marque employeur se joue sur les mêmes canaux.

Notre guide LinkedIn pour agences détaille comment combler ce retard en 90 jours.

La solution : externaliser sa propre communication

C'est contre-intuitif pour une agence de communication, mais c'est exactement ce que font les plus structurées. Externaliser sa com' à un partenaire spécialisé vous libère du temps tout en garantissant une présence régulière et professionnelle, la régularité étant précisément ce que vos équipes, staffées sur les clients, ne peuvent pas tenir.

L'argument économique tient en deux chiffres : un chargé de communication coûte en moyenne 36 000 € bruts par an selon l'APEC (hors charges patronales), pour un profil junior qu'il faudra encadrer. Un accompagnement externalisé spécialisé démarre autour de 800 € par mois, sans recrutement, sans management, sans montée en compétence à financer. On détaille ce calcul dans notre article sur l'externalisation de sa communication d'agence .

Ce que ça change concrètement

01

Publication régulière

Des posts LinkedIn chaque semaine, sans mobiliser vos équipes.

02

Positionnement clair

Une stratégie de contenu qui vous différencie des 10 000 autres agences.

03

Leads prévisibles

Un système d'acquisition qui fonctionne en arrière-plan, en complément du bouche-à-oreille.

04

Zéro charge mentale

Vous validez, on exécute.

Comment choisir le bon partenaire pour externaliser

Tous les prestataires ne se valent pas. Le critère n°1 pour une agence de communication : votre partenaire doit comprendre votre métier. Inutile de passer des heures à expliquer ce qu'est un brief créatif, un DA ou un calendrier éditorial.

Critère 1

Expérience du secteur

Expérience avérée avec des agences de communication, pas juste des « entreprises ».

Critère 2

Respect du ton

Capacité à s'adapter à votre tone of voice sans perdre votre authenticité.

Critère 3

Process clair

Validation avant publication, reporting mensuel, points réguliers.

Critère 4

Résultats mesurables

Impressions, engagement, leads générés, pas juste du « contenu ».

Critère 5

Références consultables

Demandez à voir des cas concrets, comme notre accompagnement de Bleu Vif, agence brand & packaging.

Peut-on remplacer le bouche-à-oreille par de la prospection sortante ?

C'est la question qu'on nous pose le plus souvent après cette section. Et avant que vous me répondiez que vous allez simplement lancer une campagne de cold emailing pour compenser, un chiffre à garder en tête.

59 %

des agences ont testé la prospection sortante (SparkToro)

9 %

seulement la jugent très efficace, 33 % l'estiment inefficace

L'outbound n'est pas magique non plus. En vrai, la prospection sortante fonctionne surtout quand un prospect a déjà croisé votre nom quelque part, sur LinkedIn, dans une recherche Google, dans une réponse ChatGPT. Sans cette confiance construite en amont, un email à froid ressemble à n'importe quel autre email à froid.

Le vrai sujet, ce n'est pas de choisir entre visibilité organique et prospection. C'est de faire les deux dans le bon ordre : on détaille la méthode dans notre guide sur les séquences de prospection LinkedIn et emailing, à coupler avec votre stratégie SEO et GEO pour capter les recherches entrantes pendant que la prospection travaille en parallèle.

Par où commencer dès maintenant

Si vous vous reconnaissez dans ce paradoxe, la première étape est simple : faites un audit honnête de votre présence actuelle. Regardez votre page LinkedIn, comptez vos posts des 3 derniers mois, vérifiez si votre site reflète encore qui vous êtes, et demandez à ChatGPT ce qu'il sait de votre agence. La réponse est souvent un électrochoc.

Chez Shine & Growth, on accompagne exclusivement les agences de communication dans leur stratégie de visibilité : LinkedIn, SEO & GEO et newsletter. On propose un appel découverte de 30 minutes pour analyser votre situation et proposer un plan d'action concret, sans engagement.

Sources : SparkToro, State of Digital Agencies (612 répondants, janv. 2025, et dernière édition) · The Wow Company, BenchPress 2025 · INSEE, Ésane secteur 731 · Annuaire des Entreprises (NAF 73.11Z) · BUMP 2024 (France Pub / IREP / Kantar Media) · LinkedIn France · APEC. Liens directs dans le corps de l'article.

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